Montréal, comme en brousse !

État des rues de Montréal.

Introduction :

Je rend publique un échange de correspondance avec la Mairesse de l’Arrondissement Ahuntsic – Cartierville, Madame Émilie Thuillier, concernant le sujet mentionné en rubrique.

17 mai 2024

Madame Thuillier,

En vous écrivant, j’espère recevoir une réponse qui respecte mon intelligence et justifie ce qui me paraît depuis plusieurs années déjà, injustifiable. J’habite le quartier Ahuntsic depuis 2016, étant à mobilité réduite, j’utilise le service de Transport adapté pour mes déplacements. Ainsi, depuis huit (8) ans, j’ai parcouru de nombreux quartiers de la métropole. où, dans des véhicules usés par des passages trop fréquents sur des trajets dont la qualité de roulement est comparable à ce qui peut sembler normal dans certains pays du tiers-monde.

Pourquoi obliger autant de véhicules privés et publics, à circuler sur autant de rues de catégorie  » brousse africaine  » ? Montréal, destination touristique dont la popularité est en croissance stable, doit-elle interdire aux touristes les coulisses honteuses de la métropole ? Il ne s’agit pas de nids-de-poules ni de conséquences dûes au gel-dégel. C’est une situation désastreuse qui a cours douze mois par année ! Comment expliquez-vous cet état de laisser-aller. Est-ce là, la décrépitude à laquelle les autorités municipales montréalaises veulent habituer les citoyens et citoyennes à la médiocrité dans les services municipaux, comme perspective d’avenir, sinon, c’est quoi ?

Madame Thuillier, veuillez me croire,

Pierre Henri
Montréal


21 mai 2024 – ACCUSÉ DE RÉCEPTION

Monsieur Henri,

Nous accusons réception de votre courriel adressé à Mme Thuillier et vous remercions d’avoir pris le temps de lui écrire. Soyez assuré qu’elle prendra les mesures nécessaires pour en assurer le suivi.

Bien cordialement,

Marie-Christine Lauzon
Chargée de secrétariat pour Émilie Thuillier
Mairesse de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville et Membre du comité exécutif, responsable des infrastructures, des immeubles et du maintien des actifs ainsi que de la Commission des services électriques de Montréal

Avertissement :
Ce message peut contenir de l’information privilégiée ou confidentielle. Si ce message ne vous est pas destiné ou si vous l’avez reçu par erreur, vous êtes prié(e)s d’en aviser l’émetteur immédiatement et d’effacer l’original, et ce, sans en tirer ou transmettre copie ni en dévoiler le contenu.


23 mai 2024

Bonjour M. Henri,

Nous sommes bien conscients de l’état des rues et nous travaillons à les réparer. Nous vivons avec un passif important causé par un manque d’investissement flagrant dans les dernières décennies. Qui plus est, dans notre quartier, nous subissons les effets de mauvaises décisions prises lors de la construction du quartier : nos rues sont constituées d’une dalle en béton recouverte d’asphalte. Ce n’est pas la même chose partout à Montréal. Le problème, c’est que quand les dalles de béton sont endommagées, on peut bien refaire l’asphalte, la qualité de la chaussée ne peut jamais être excellente. Il faut donc refaire à neuf les 326 km de rues de l’arrondissement, c’est-à-dire tout enlever jusqu’à la base de béton, puis tout refaire. Il faut aussi penser au renouvellement des infrastructures d’aqueduc et d’égout.

Les rues sont séparées en deux catégories Les rues artérielles qui relèvent de la ville centre (les artères et boulevards) Les rues locales qui relèvent de l’arrondissement Les rues sont auscultées périodiquement afin de prioriser les investissements. Voici les chiffres pour les rues artérielles en mauvais et très mauvais état. On voit qu’il y a eu beaucoup d’amélioration dans la dernière décennie. Les chiffres de 2020 sont les derniers que nous avons.
2015 : 54,4%
2018 : 38,5%
2020 : 24,7%
En 2020, 50% des rues étaient en Excellent et Bon état. Le reste des rues est dans la catégorie Moyen.
La ville centre investi environ 600 M$ par année pour refaire les rues, soit environ 27% du budget d’investissement total de la ville.

Pour les rues locales, sous la responsabilité de l’arrondissement, voici les chiffres pour les rues en mauvais et très mauvais état. Vous noterez que les auscultations ne sont pas réalisées en même temps pour ces rues.
2015= 49,5%
2022= 56,2%

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a une augmentation des rues en Excellent et Bon état grâce aux travaux des dernières années
2015= 17%
2022= 26,6%

Le reste des rues est dans la catégorie Moyen.
Afin d’améliorer la qualité des rues locales, la Ville a mis en place un programme pour soutenir financièrement les arrondissements. Ahuntsic-Cartierville a reçu l’année dernière et recevra cette année 1,2 M$ par année pour ce faire. Ce sera presque le double l’année prochaine. En plus de cela, l’arrondissement investi plusieurs M$ par année dans la voirie. Voici l’hyperlien vers la présentation budgétaire 2024 :

https://portail-m4s.s3.montreal.ca/pdf/2309_02_presentation_budget_2024_vf.pdf

En page 37, vous verrez que, sur les 7,113 M$ annuels d’investissement de l’arrondissement, 37% sont dédiés à la voirie en 2024 et 32% sur l’horizon 2024-2033. Pour l’année 2024, plusieurs gros travaux auront lieu dans l’arrondissement. Voici deux sources à consulter :

Bien cordialement,

Émilie Thuillier
Mairesse de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville et Membre du comité exécutif, responsable des infrastructures, des immeubles et du maintien des actifs ainsi que de la Commission des services électriques de Montréal


3 juillet 2024

Madame Thuillier,

Si je vous comprends bien, pendant encore une décennie, peut-être plus, les quelques millions d’automobilistes et de piétons devront subir dans plusieurs de leurs déplacements des conditions d’une époque depuis longtemps révolue. Si j’étais propriétaire d’un immeuble et payeur de taxes foncières, ayant le malheur d’habiter sur une des rues en piteux état et ce, douze mois par année et pour certaines des rues, non sécuritaires et ce pendant des périodes de temps excédant le délai raisonnable, je penserais à réclamer un crédit de taxes pour privation d’une condition pouvant être qualifiée de contractuelle.

Les priorités devenues variables, il s’est avéré plus important pour l’administration Plante de dépenser $ 210,000,000 pour rénover l’Hôtel de ville, bien que convaincu depuis fort longtemps de l’importance de la préservation du patrimoine dans ce cas-ci architectural, je crois que, considérant l’absence de risques pour la sécurité des employé(e)s, des usagers et des visiteurs, vs l’état lamentable de nombreuses rues de, Montréal, les rénovations de l’Hôtel de ville auraient dû être reportées même si les coûts auraient subi une forte augmentation, ainsi en est-il des coûts reliés à la réfection de rues.

Si le ‘’ New look ‘’ du parlement municipal fut pensé comme étant pour les touristes, la couleur générale de la qualité de l’Offre Montréal, ce serait un énorme mensonge dans le langage Marketing.

Si vous êtes persuadée de ne pouvoir à court et moyen terme, dix (10) ans étant à mon humble avis du long terme, transformer les multiples sentiers de brousse qui jalonnent de nombreux quartiers de la Métropole en Rues du 21e siècle.

À défaut de quoi madame la Mairesse, vous pourrez toujours avoir recours à un privilège réservé aux maires et mairesses, la déclaration de l’État d’Urgence, ce qui pourrait octroyer à à la Ville-centre certains fonds de tiroirs de Québec et Ottawa, en espérant qu’ils ne questionnent pas le déboursé de $ 210 millions.

Je n’en reviens toujours pas !

Salutations,
Pierre Henri

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