Introduction :
Le texte qui suit est relatif à la cause Mike Ward vs Jérémy Gabriel. J’ai écrit ce commentaire le 04 août 2020 en réaction à la décision de la Cour Suprême du Canada qui accepte d’entendre la requête de Mike Ward qui conteste la sentence d’un tribunal québécois. Plus tard, la Cour Suprême retiendra l’argumentation de l’avocat de Mike Ward annulant par conséquent le jugement rendu par le Tribunal des droits de la personne
Le droit à l’intimidation est-il constitutionnel ?
La Cour suprême du Canada accepte d’entendre la contestation de Mike Ward concernant une amende de $ 35,000. Ordonnée par le Tribunal des droits de la personne, cette décision faisant suite à une série de spectacles au cours desquels Mike Ward à autant de reprises, a ridiculisé Jérémy Gabriel pour son handicape physique.
Pour moi, Mike Ward à ces multiples occasions, s’est révélé intimidateur, Jérémy Gabriel devenant son souffre-douleur. En utilisant une condition personnelle d’un individu pour faire rire son auditoire, Mike Ward a dévié vers l’intimidation laquelle, lorsque soutenue, répétitive et persistante, se transforme en harcèlement.
Me Gray qui s’est bâtie une solide réputation comme défenseur des droits individuels résume sa plaidoirie à venir en disant que si son client a tenu des propos offensants, il en avait le droit en vertu du droit à l’expression. Cela ne respecte pas l’intelligence et je ne pense pas que tel était la volonté du législateur. Si la Cour suprême par une décision éventuelle retenait l’argument de la défense, cela signifierait-il que l’intimidation et le harcèlement psychologiques sont conformes à la loi. Mike Ward en en appelant au plus haut tribunal persiste et signe dans sa démarche intimidante.
À mon humble avis la Cour suprême ne peut nier un droit constitutionnel mais tiendra-t-elle compte des effets secondaires négatifs de sa décision. Mike Ward par ses propos a marqué au fer rouge l’atteinte à la dignité de Jérémy Gabriel et ainsi à mes yeux, n’est pas différent du gars complexé et inconscient qui sème la terreur psychologique dans une cour d’école.
Pierre Henri
Montréal
4 août 2020